GENEVE, 11 déc (AFP) - L'internet, s'il est accessible, peut devenir un
outil éducatif important dans les pays en développement, en permettant aux
élèves, étudiants et enseignants d'acquérir des connaissances à distance,
ont souligné jeudi à Genève des participants au Sommet mondial sur la
société de l'information (SMSI).
"Bien sûr ! L'internet est une chance pour nous, les pays en
développement, de rattraper un certain retard en accédant à des documents,
en suivant en direct des expériences de biologie par exemple", estime
Lamine Mahamadou Diallo, juriste à la Mission de l'informatique et des
nouvelles technologies de l'information du gouvernement malien.
A Tombouctou, depuis la rentrée scolaire d'octobre, les 750 élèves du
lycée public Mahamane Alassane Haïdara bénéficient d'une quinzaine
d'ordinateurs, reliés à l'internet à haut débit, grâce à un partenariat
entre le gouvernement malien, l'opérateur Swisscom et l'Union
internationale des télécommunications (UIT).
"Les élèves suivent des cours d'informatique, d'internet et font des
recherches en ligne. Les enseignants, qui ont aussi des problèmes de
perfectionnement, peuvent faire des recherches et mettre à jour leurs
cours", explique M. Diallo.
Au Cambodge, Bernard Krisher, fondateur d'organisations non
gouvernementales, a lancé un système original connectant treize écoles
primaires à temps partiel et à distance (wi-fi) à l'internet, avec le
soutien de partenaires privés.
Depuis le 1er septembre, cinq "cyberfacteurs" parcourent les routes de
la province du Ratanakiri (nord-est) au guidon de motos dotées de boîtiers
émetteurs. Ces motos transfèrent les données entre leur boîte aux lettres
électronique mobile et les ordinateurs des écoles, en passant à proximité,
sans s'arrêter.
S'ils ne peuvent consulter l'internet, les écoliers de ces villages
isolés peuvent envoyer, recevoir des e-mails, et obtenir des pages
internet, cinq fois par semaine, au rythme de la tournée des
cyberfacteurs. "En étant familiarisés à l'ordinateur, les élèves pourront
trouver du travail en ville", considère M. Kirsher.
Pour l'Agence universitaire de la francophonie (AUF), qui a créé des
Campus numériques francophones (CNF) et des Centres d'accès à
l'information (CAI), "l'internet a surtout permis aux étudiants d'accéder
aux revues scientifiques et de référence qui coûtent très cher".
Dans la trentaine de CNF et CAI, installés à Haïti, Madagascar ou au
Vietnam pour l'enseignement supérieur et la recherche, "ces revues sont
disponibles en ligne avec un abonnement à bas prix", indique Sophie
Lecourt, porte-parole de l'AUF.
L'Organisation des nations unies (Onu) a lancé un programme pour
promouvoir l'éducation via l'internet dans les pays en développement. Les
quatre premières "écoles internet" du Global e-Schools and Communities
Initiative (GeSCI, initiative mondiale pour les écoles internet et les
collectivités) seront créées en 2004 en Inde, en Bolivie, au Ghana et en
Namibie.
"Nous ne voulons pas seulement fournir des ordinateurs, mais créer un
modèle, travailler en profondeur, former des enseignants, pour lutter
contre le manque d'éducation de qualité", alors que "c'est une clé du
développement", souligne Samuel Danofsky, responsable du GeSCI.
Mais, l'alphabétisation reste un enjeu crucial, avant l'internet, a
rappelé l'Unicef jeudi. "La technologie peut aider, mais si on ne sait pas
lire, il n'est pas utile d'avoir l'internet", a déclaré la directrice de
l'Unicef, Carol Bellamy.